Elle ne me tient plus la main.
Nous marchons dans l'embrasement d'un après-midi d'hiver, le visage transi par la tourmente du vent cuisant, mais elle ne me tient plus la main.
Il en est ainsi.
La réciprocité pourrait sembler de circonstance, mais il n'en est rien.
Si elle ne me tient plus la main, moi, je la lui tiens. Dans ma tête.
Je ne pense qu'à ça.

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Je n'ai rien oublié de toi.
Ni la douceur de tes parfums emportés par le vent,
ni ta beauté se jouant de la course du temps.
Je n'ai rien oublié...
Me pardonneras-tu de m'être à nouveau éloigné ?
Ô, ma fidèle accueillante en ta couche édénique,
quand me noierais-je derechef à ta source,
dans l'absolue joliesse dont les dieux t'ont paré,
sous ta coupole céleste où j'aime m'assoupir ?

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La Bretagne est une île en mon âme, où j'aime me ressourcer et me perdre. Je suis, peut-être, son plus infidèle serviteur, mais elle me pardonne chaque fois, comme elle pardonne toujours à ceux qui savent ne pas oublier, et la visite sans cesse en songes.